Mon cycle menstruel : comprendre les règles et l’ovulation

Le cycle menstruel rythme la moitié de la vie d’une femme. Depuis la puberté jusqu’à la ménopause, la femme est régulièrement sujette à des modifications de ses hormones, afin de préparer son corps à la grossesse. D’ailleurs, le fait de comprendre le fonctionnement de ce processus permet d’améliorer ses chances de tomber enceinte, ou au contraire, de l’éviter. Il est possible également que ce soit un moyen de mieux gérer ses symptômes menstruels, et de détecter à temps tout problème.

Les notions de base du cycle menstruel

Lorsque la femme atteint la puberté, elle se retrouve chaque mois avec des saignements. On parlera de menstruations (ou de règles sachant que c’est la même définition). Ces saignements sont le résultat de la préparation de la couche interne de l’utérus. Elle s’épaissit durant cette période, en vue d’une éventuelle grossesse. Si la personne n’est pas enceinte, cette couche interne devenue épaisse va s’évacuer, et cela peut durer entre 3 et 8 jours.

Chez certaines femmes, le cycle menstruel est régulier, et même prévisible. Tandis que pour d’autres, c’est moins évident. Mais cette deuxième catégorie représente une minorité par rapport à la première. Entre le premier jour de la menstruation et le premier jour de la menstruation suivante, la durée peut osciller entre 21 et 35 jours. C’est pourquoi on parle de cycle.

Les différentes hormones qui interviennent dans le cadre du cycle menstruel

Les hormones sont les réels chefs d’orchestre du cycle menstruel. Elles entraînent des modifications au sein du système reproducteur féminin, et peuvent être classées selon trois étages. Il y a d’abord l’étage de commande qui renvoie à l’hypothalamus et l’hypophyse, l’étage intermédiaire qui fait référence aux ovaires, et l’étage d’exécution à savoir les organes cibles (le vagin, l’utérus, les seins).

C’est l’hypothalamus et l’hypophyse qui sont les principaux éléments qui conditionnent le fonctionnement des ovaires. Il s’agit là de deux petites glandes endocrines positionnées à la base du cerveau. Tout en stimulant l’hypophyse, l’hypothalamus est aussi chargé de la sécrétion de l’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires. En guise de réponse, l’hypophyse sécrète deux autres hormones, à savoir la LH (Luteinizing Hormone) et la FSH (Follicle Stimulating Hormone). L’action de ces deux éléments se fait directement sur les ovaires, et ces derniers vont alors sécréter la progestérone, ainsi que les œstrogènes.

Fonctionnement du cycle menstruel

Le cycle menstruel se compose de plusieurs phases, et pour chaque femme, la manifestation exacte peut différer. Il y a d’abord la phase folliculaire qui débute le premier jour des règles et se poursuit jusqu’au jour d’ovulation. Cette phase se subdivise en deux parties. Il y a d’abord le recrutement initial des follicules, sachant qu’à chaque cycle, une centaine de follicules entame leur croissance, passant du stade de follicules primordiaux à un stade de follicules tertiaires. Dans la deuxième partie, on note une croissance de follicule antral à follicule préovulatoire.

Parallèlement, on note une sécrétion d’œstrogènes des ovaires. Le premier jour des règles, le taux d’évolution est bas. Mais au fil des jours, il y a un développement du follicule. Cette situation entraîne de nombreuses modifications, à savoir la glaire cervicale qui se transforme de sorte à offrir un environnement fertile aux spermatozoïdes, et l’épaississement de la muqueuse utérine dans le but d’accueillir un éventuel œuf fécondé.

L’autre phase qui intervient dans le cycle menstruel concerne l’ovulation. Dans ce cas-ci, c’est le taux d’œstrogène qui indique qu'il est suffisamment mûr. On note dès lors une sécrétion massive de la LH. La tension du liquide présente dans le follicule augmente, la paroi rompt, et l’ovocyte est aspiré par les franges du pavillon de la trompe de Fallope. À partir de là, il pourra survivre pendant 24 h au maximum et 12 h au minimum. S’il n’y a pas eu de fécondation de spermatozoïde, l’ovocyte va alors dégénérer.

De l’ovulation au premier jour des règles suivantes, on observe la phase dite lutéale. Pendant cette période, il y a les parois du follicule vide qui commencent à s’affaisser, et les capillaires sanguins qui se développent. On parle alors de corps jaune, la glande responsable de la sécrétion des œstrogènes et de la progestérone (dite hormone de la maternité). Suite à cela, il peut y avoir deux cas de figure. D’une part, le fait qu’il n’y ait pas de fécondation entraîne une atrophie et une dégénération du corps jaune. Il y aura un arrêt brutal de la sécrétion des œstrogènes et de la progestérone.

La couche interne épaissie s’évacue alors avec des saignements. Un nouveau follicule va alors commencer sa maturation, entamant ainsi un nouveau cycle. L’autre cas de figure est lorsqu’il y a eu fécondation de l’ovocyte. Dès lors, l’ovocyte va se fixer dans la muqueuse utérine. On parle de nidation. C’est une étape qui intervient toujours à une semaine de la fécondation.

Lorsqu’elle se retrouve à l’intérieur de l’utérus, la couche externe cellulaire de l’ovocyte va alors sécréter l’hormone de la grossesse. Il s’agit de la gonadotrophine chorionique (HCG). Son rôle est de maintenir en activité le corps jaune, de sorte qu’il puisse sécréter à son tour la progestérone et les œstrogènes qui sont essentiels pour la suite de la grossesse. Le placenta prend le relais à 3 mois de la grossesse.

Comment mieux comprendre les signaux que nous envoie notre corps ?

Pour bien comprendre son cycle, il est possible de le suivre sur un calendrier. Il faudra tout de même prendre soin de bien noter les détails, à savoir les saignements, les symptômes (seins sensibles, ballonnements, et autres), le début et la fin des règles, le flux, les changements d’humeur, de comportement, etc. Au fil du temps, vous serez en mesure de bien détecter les irrégularités, et de déterminer les tendances en même temps.

Le cycle débute dès le premier jour de vos règles et se poursuit jusqu’au premier jour des règles suivantes. Certaines femmes ont des cycles courts (environ 22 jours). Tandis que pour d’autres, cela peut être plus long (40 jours). Les cycles menstruels ont une durée variable. Par contre, la durée de la phase lutéale est toujours fixe. C’est toujours 14 jours après l’ovulation que les règles surviennent. Par contre, la date d’ovulation peut changer. Cela dépend de plusieurs facteurs, en particulier des hormones sexuelles.

Ces hormones ont le pouvoir d’inhiber ou de stimuler la production de LH-RH. Il peut aussi y avoir d’autres facteurs tels que l’influence de l’environnement, l’alimentation, la santé psychologique de la personne, la santé générale. Mais après plusieurs cycles, vous devez pouvoir bien comprendre le fonctionnement de votre corps, surtout si vous entretenez un journal menstruel.


Références