Accouchement prématuré : signification, causes et accompagnement

Chaque année, de nombreuses mamans connaissent un accouchement prématuré. Ce type de naissances est en hausse et se caractérise par l’arrivée du bébé avant 37 semaines d’aménorrhée, soit avant 8 mois et demi de grossesse. Pour comprendre ce phénomène et connaître les soins prodigués aux enfants prématurés, découvrez plus en détails les causes et le déroulement d’un accouchement prématuré.

Accouchement prématuré

À partir de quel moment une naissance est considérée comme prématurée ?

La catégorisation des accouchements prématurés

Le phénomène d’accouchement prématuré se dissocie en trois grandes catégories.La prématurité moyenne pour un accouchement entre la 32e et 36e semaine d’aménorrhée, soit entre le 7e et 8e mois de grossesse. Il s’agit de la majeure partie des accouchements prématurés.Les grands prématurés. Il est alors question des accouchements qui ont lieu entre la 28e et 32e semaine d’aménorrhée, soit entre le 6e et 7e mois de grossesse. En moyenne, les fœtus nés à la 28e semaine d’aménorrhée pèse environ 1,1 kg pour une taille de 37 cm.

Et les enfants nés à la 32e semaine d’aménorrhée peuvent peser en moyenne 1,8 kg.La dernière catégorie regroupe les très grands prématurés qui sont nés avant la 28e semaine d’aménorrhée, soit avant le 6e mois de grossesse.Pour une naissance avant la 23e semaine d’aménorrhée, soit avant le 5e mois de grossesse, la survie du fœtus reste fortement incertaine et n’est pas encore rendue possible par les avancées de la médecine moderne.

Comment anticiper une potentielle naissance prématurée ?

Durant la grossesse, le suivi médical de la mère permet d’identifier certaines pathologies à risque ou un éventuel retard de développement du fœtus, qui pourraient engendrer un accouchement prématuré. Dans le cas d’un risque d’accouchement prématuré ou si une naissance prématurée doit être programmée, des corticoïdes pourront être prescrits environ 10 jours avant la date prévue d’accouchement afin de réduire le taux de mortalité et les complications chez les nouveau-nés. De même, les mères présentant un fort risque d’accouchement prématuré sont de préférence orientées vers une maternité de type III, afin de bénéficier d’un service adapté de réanimation néonatale.

Quelles sont les causes de l’accouchement prématuré ?

Les accouchements prématurés spontanés

Environ la moitié des accouchements prématurés ne sont pas provoqués. L’accouchement peut alors avoir lieu suite à travail précoce avec des contractions et la perte des eaux ou être lié à des infections.

Les accouchements prématurés pour raison médicale

Les 50% restants d’accouchements prématurés sont provoqués et décidés par le corps médical. Ce choix n’est pas anodin, puisqu’il répond à une situation critique pour la mère ou pour l’enfant. L’accouchement prématuré est ainsi la solution à un risque de décès pour la mère ou le fœtus pendant la grossesse. Il s’agit souvent d’un accouchement par césarienne lié à une hémorragie maternelle, une hypertension artérielle de la maman, ou un fort retard de croissance du bébé. Les malformations du placenta sont étudiées avec une grande attention pendant la grossesse par le corps médical.

Ce type de pathologie peut générer un retard de croissance du fœtus et des accouchements prématurés. Parmi les accouchements prématurés provoqués, 20% concernent des cas d’hypertension maternelle. Cette pathologie peut engendrer une issue sévère pour la mère comme une pré-éclampsie avec des problèmes rénaux. L’hypertension maternelle peut également être la cause d’une éclampsie et de troubles cérébraux, ainsi qu’un dérèglement hépatique ou une diminution des globules rouges.

Dans son étude sur la prématurité, l’INSERM a relevé d’autres pathologies pouvant être les causes de naissances prématurées comme les infections génito-urinaires, le diabète gestationnel, l’hématome placentaire, les grossesses multiples ou encore les anomalies de l’utérus. L’hygiène de vie et l’âge des mères jouent également un rôle dans l’évolution du taux d’accouchements prématurés.

L’usage du tabac, le stress, la situation économique et professionnelle constituent autant de facteurs pouvant agir sur l’arrivée prématurée du bébé.

Quels sont les soins apportés aux enfants prématurés ?

Contrôler le développement des organes vitaux

Un enfant prématuré nécessite des soins particuliers pour accompagner le développement jusqu’à maturité de certains organes. Les avancées médicales répondent désormais à ce besoin. Pour les grands et très grands prématurés, soit les enfants nés avant la 32e semaine d’aménorrhée, des soins sont apportés aux organes comme: le cerveau, les poumons, le tube digestif et le canal artériel. Ces nouveaux-nés sont admis dès leur naissance au service de réanimation néonatale. Puis, dès que leur état de santé le permet, ils sont transférés en soins intensifs et en néonatalogie.

Avant la 32e semaine d’aménorrhée, le cerveau n’a pas opéré pleinement son développement. Un suivi médical, notamment par imagerie, est effectué dès la naissance, afin de surveiller et d’identifier d’éventuelles anomalies.Un enfant grand ou très grand prématuré peut avoir besoin d’un système d’assistance respiratoire, surtout pour une naissance avant la 28e semaine d’aménorrhée. Il permet de pallier au manque de maturité de ses poumons et aussi à l’absence de surfactant, autrement dit une substance sécrétée par les poumons et qui assurent leur fonctionnement.

Du surfactant exogène est donc administré aux nouveaux nés par intubation. Des immaturités cardiorespiratoires et digestives peuvent également être décelées chez l’enfant prématuré, surtout pour une naissance avant la 32e semaine d’aménorrhée.Des traitements médicaux existent pour pallier cette anomalie et renforcer la maturation des organes. Avant la 34e semaine d’aménorrhée, les nouveaux-nés peuvent être alimentés par sonde gastrique pour l’aider à absorber le lait maternel ou le lait reconstitué dédié aux prématurés.

Lors de la tétée, un nouveau-né prématuré n’est pas encore en mesure de coordonner sa respiration, la succion et le fait d’avaler. La sonde lui permet ainsi de se nourrir sans grande difficulté. La jaunisse (due à l’immaturité du foie), les reins ou encore le système immunitaire sont contrôlés chez le nouveau-né prématuré, afin d’apporter, au besoin, un traitement médical spécifique. Il est tout de même important de noter que les naissances de grands prématurés, autrement dit à compter de la 29e semaine d’aménorrhée, présentent un taux inférieur d’infections que pour les naissances des semaines précédentes.

Le système immunitaire des enfants nés à partir de la 32e semaine d’aménorrhée fonctionne comme pour les enfants nés à terme.

Favoriser un effet cocon

Les grands et très grands prématurés sont pris en charge et placés en couveuse. Une bulle de tranquillité doit s’installer autour d'eux. En couveuse, le nouveau-né retrouve les températures ressenties dans le ventre de sa mère, soit aux alentours de 35°. L’atmosphère autour de lui doit être calme et dotée d’une lumière tamisée, afin de lui rappeler sa vie intra-utérine et d’éviter une rupture trop brutale.La contribution des parents est fortement recommandée. Il est conseillé d’adopter au maximum le peau à peau.

Un contact qui favorise grandement le développement physiologique de l’enfant et lui apporte le réconfort nécessaire. Son ouïe, son odorat et son toucher constituent des sens développés dès 24 semaines d’aménorrhée. Par le peau à peau et l’écoute de la voix de ses parents, le nouveau-né se sent en sécurité. Ce contact répété avec ses parents favorise également son sommeil.Grâce aux progrès de la médecine, le taux de survie des enfants prématurés est désormais de l’ordre de 96 à 98%, pour les accouchements dès la 28e semaine d’aménorrhée. Dès que l’enfant atteint 2 kg et qu’il ne présente aucune difficulté respiratoire ou digestive majeure, une sortie de couveuse est alors envisagée. Grâce aux traitements médicaux, le développement des organes vitaux et le renforcement du système immunitaire peuvent facilement être endigués.

Une prématurité à compter de 30 semaines d’aménorrhée génère d’ailleurs des déficits de développement uniquement pour 2 à 3% des enfants. Pour son suivi médical, le pédiatre va tenir compte de la prématurité de l’enfant et de l’âge corrigé. Autrement dit, un enfant né à 7 mois de grossesse présente 2 mois d’avance que s’il était né à terme. Ainsi, un enfant prématuré qui a 12 mois, a en réalité 10 mois en âge corrigé. Le pédiatre veille sur la prise de poids de l’enfant et conseille les parents sur son alimentation, notamment par l’ajout de vitamines et de nutriments.

Se faire accompagner

Face à un accouchement prématuré, les parents se retrouvent souvent désemparés. La joie d’une future naissance peut laisser place à la peur, à l’angoisse et à la culpabilité. Il est important pour les parents de bien comprendre les raisons médicales de cet accouchement, ainsi que de se faire accompagner durant la grossesse et après la naissance.

Les équipes médicales, les groupes de paroles, le psychologue de la maternité et l’association SOS Préma existent pour aider les parents et répondre à leurs questions. Se sentir moins seul.e.s face à cette situation, comprendre les causes et partager son angoisse, aident à enlever ses peurs et son sentiment de culpabilité, pour une maternité plus apaisée.

Références