PMA : Qu'est-ce que la procréation médicalement assistée et comment se déroule le premier rendez-vous ?

Qu’est ce que la procréation médicalement assistée ? Qui peut en bénéficier ? D'où viennent les gamètes ? Comment se déroule le premier rendez-vous ? On fait le point dans cet article.

Littéralement, PMA signifie Procréation Médicalement Assistée. Selon l’Inserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale), la PMA « consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour procéder à une fécondation ». L’autre terme qui désigne la PMA est l’AMP, sigle signifiant Assistance Médicale à la Procréation. Ces deux termes sont en tout point identiques.

Comment fonctionne la PMA ?

Il existe plusieurs aides à la procréation. En effet, lors d’une fécondation « in vivo », les spermatozoïdes sont récupérés en laboratoire où ils seront sélectionnés, puis seront réinjectés dans l’utérus de la femme par le médecin, au moment de son ovulation. Cette insémination artificielle intra utérine peut se faire soit avec le sperme du conjoint (IAC), soit avec le sperme d’un donneur de gamètes (IAD). Avant une insémination artificielle, la femme doit suivre un traitement hormonal afin de produire un à deux follicules susceptibles d’être fécondés. Une fois les follicules matures, le sperme de l’homme est recueilli, les spermatozoïdes sont préparés et vont être introduits dans le fond de la cavité utérine grâce à un cathéter. Les spermatozoïdes migrent ainsi naturellement vers les ovocytes et la fécondation pourra avoir lieu.

Pour une fécondation in vitro (FIV), il s’agit de se faire rencontrer les gamètes sexuels mâles et femelles dans une éprouvette, puis de transférer les embryons 2 à 5 jours après dans l’utérus de la femme. A l’instar de l’insémination artificielle, la femme doit suivre un traitement hormonal, mais les doses de ce dernier sont beaucoup plus importantes. Une fois les follicules matures, ceux-ci sont prélevés et les spermatozoïdes récoltés au préalable sont déposés à la surface de ces ovocytes et la fécondation va pouvoir avoir lieu. Les embryons sont ensuite placés au niveau de l’utérus de la femme à l’aide d’un cathéter.

La FIV peut être sans ou avec micro-injection du spermatozoïde dans l’ovocyte (ICSI). Dans le cas d’une fécondation in vitro avec micro-injection, un spermatozoïde est directement injecté dans un ovocyte. Cette micro-injection se fait à l’aide d’une micropipette sous microscope. Le couple a reçu exactement le même protocole de départ que pour la FIV (traitement hormonale, implantation d’embryons…).

D’où viennent les gamètes ?

En France, les gamètes utilisés proviennent soit du couple en mal de procréer, soit d’un donneur (sperme ou ovocytes). Il est formellement interdit pour un couple bénéficiant d’une PMA d’utiliser un double don de gamètes afin d’obtenir un embryon. Seul un embryon provenant d’un couple ayant réalisé une FIV ou ICSI peut être utilisé si et seulement si un double don serait médicalement nécessaire (infertilité chez les deux individus). Le don de gamètes est extrêmement réglementé en France. Les donneuses d’ovocytes doivent avoir entre 18 et 37 ans et être en parfaite santé. Ces femmes doivent être éclairées sur le don de gamètes et sont suivies par un psychologue. Une stimulation ovarienne très surveillée (prises de sang et échographie) est nécessaire afin de prélever des follicules matures et ce prélèvement s’effectue sous anesthésie ou prises d’antalgiques, par voie vaginale sous contrôle échographique, 36h après la dernière injection hormonale. Pour les donneurs de spermatozoïdes, la fourchette d’âge est entre 18 et 45 ans. Eux aussi sont éclairés sur le don et sont suivis par un psychologue. Les premiers spermatozoïdes sont recueillis et analysés en laboratoire. Si aucune infection n’est détectée, ils vont être congelés dans de l’azote liquide afin de tester la résistance à la conservation par congélation. Pour les autres dons de spermatozoïdes, les gamètes sont conservés 6 mois afin d’effectuer des tests sérologiques définitifs. Au bout de cette période, les spermatozoïdes sont prêts à être utilisés par les couples demandeurs.

Qui peut bénéficier de la PMA ?

En France, si après une expertise médicale un problème d’infertilité est reconnu dans le couple (au moins une des deux personnes est touchée) ou si un des individus est susceptible de transmettre une maladie génétique rare, alors le couple peut avoir recours à la PMA. Un couple est considéré comme infertile s’il n’a pas pu concevoir d’enfant après 12 à 24 mois de tentatives sans contraception. Depuis peu, la PMA a été élargie aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. La gestation pour autrui est cependant encore interdite.

Comment se déroule la première visite chez le médecin gynécologue ?

Pour bénéficier d’une PMA, les couples doivent s’entretenir avec un médecin gynécologue qui s'informera sur la durée d'infertilité, les antécédents médicaux, chirurgicaux, gynécologiques et obstétriques ainsi que les antécédents familiaux. Il procédera également à un examen gynécologique. Il effectuera notamment un bilan hormonal et un comptage folliculaire antral pour la femme et un spermogramme/spermocytogramme, un test de migration survie et une spermoculture pour l’homme. Ces tests ont pour objectif d’analyser la quantité et la qualité des gamètes. Si une infertilité est confirmée par ces examens, alors une procédure de PMA peut être envisagée. Les futurs parents seront informés quant aux risques, aux chances, à la technique utilisée et à ses conséquences. Le couple bénéficiera alors d’un mois de réflexion où, à l’issue de ce délai, il pourra confirmer son choix par écrit. Si le couple a besoin d’être suivi par un psychologue ou un psychiatre, ce délai peut être porté à deux mois. De plus, si le couple est demandeur de sperme, les délais peuvent être beaucoup plus long car les dons de sperme sont plus rares que la demande.

Vous pouvez commencer à préparer ce premier examen en traçant une courbe de température afin de vérifier votre fonction ovulatoire, en listant les symptômes ressentis et les médicaments que vous avez pris et en écrivant toutes les questions que vous vous posez afin d’optimiser ce premier rendez-vous. Il vous faudra également vous munir d’un justificatif de vie commune, d’une photocopie des précédentes consultations avec votre gynécologue et une photocopie de vos pièces d’identité.

Prise en charge financière et chances de grossesse

La PMA est prise en charge à 100% par l’assurance maladie, à condition que la femme n’ait pas dépassé 43 ans et que le nombre d’inséminations artificielles et de fécondations in vitro effectuées ne dépassent pas, respectivement, 6 et 4.

Selon l’Inserm, « les chances de grossesse varient en moyenne de 10% à 22% par tentative, en fonction des techniques utilisées ». D’après un rapport de 2016, 22% de chances de grossesse sont obtenus grâce à une FIV-ICSI, 20% avec une FIV sans ICSI, 14% avec un transfert d’embryon congelé et 10% avec une insémination artificielle. L’âge de la femme et la durée de l’infertilité réduisent les chances de grossesse.

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